Altares recense 17.486 défaillances d’entreprises en France au 2e trimestre 2026, soit une hausse de 5,4 % sur un an. Depuis janvier, 37.700 procédures ont été ouvertes, dont près des deux tiers directement en liquidation judiciaire. Principalement concentrées sur les entreprises jeunes ou de très petite taille, ces difficultés menacent 58.830 emplois, un nombre en recul de 9,5 %.
Les défaillances d’entreprises demeurent à un niveau élevé en France. Selon l’étude publiée le 16 juillet 2026 par Altares, 17.486 procédures collectives ont été ouvertes au 2e trimestre, soit 5,4 % de plus qu’au cours de la même période de 2025.
La progression ralentit depuis plusieurs mois, mais le nombre de défaillances dépasse encore de près de 40 % les niveaux antérieurs à la crise sanitaire, lorsque les totaux trimestriels restaient inférieurs à 13.000 procédures.
Sur l’ensemble du premier semestre 2026, Altares comptabilise 37.700 entreprises défaillantes, soit environ 1.500 de plus qu’au premier semestre 2025.
Deux procédures sur trois conduisent directement à une liquidation
Les liquidations judiciaires directes restent très largement majoritaires. Altares en recense 11.591 au 2e trimestre, soit une hausse de 4,8 % sur un an. Elles représentent 66,3 % de l’ensemble des procédures ouvertes.
Les redressements judiciaires progressent plus rapidement, de 7,1 %, pour atteindre 5.546 jugements. Leur part dans les défaillances s’établit désormais à 31,7 %, contre 31,2 % un an auparavant et 23,7 % en 2022.
La sauvegarde demeure peu utilisée. Avec 349 ouvertures, cette procédure préventive ne représente plus que 2 % des jugements, contre plus de 3 % en 2023.
Le nombre d’emplois menacés recule de 9,5 %
En raison de la forte concentration des défaillances sur les entreprises de petite taille, leur incidence sur l’emploi diminue. Altares estime à 58.830 le nombre de postes menacés au 2e trimestre 2026, soit une baisse de 9,5 % sur un an.
Ce total reste important, mais il est nettement inférieur aux 69.500 emplois menacés au 2e trimestre 2024. Il ne correspond pas au nombre de suppressions d’emplois effectivement constatées : une procédure de sauvegarde ou de redressement peut permettre la poursuite de l’activité et la conservation de tout ou partie des postes.
Les entreprises de moins de trois salariés concentrent les difficultés
Les structures comptant moins de trois salariés représentent 75 % des procédures collectives. Au total, 13.185 défaillances ont été recensées dans cette catégorie, en hausse de 8,3 % sur un an.
À l’inverse, la situation s’améliore parmi les entreprises de 3 à 19 salariés. Elles totalisent 3.769 défaillances, contre 3.896 au 2e trimestre 2025, soit un recul de 3,3 %. Cette catégorie représente encore 21,6 % des procédures.
Les entreprises employant au moins 20 salariés restent minoritaires, avec 532 défaillances, en hausse de 2,9 %. Leur situation présente néanmoins des signes contrastés :
51 sauvegardes ont été ouvertes, soit une progression de 27,5 % ;
352 redressements judiciaires ont été prononcés, en hausse de 6,7 % ;
129 liquidations judiciaires directes ont été enregistrées, soit un recul de 12,2 %.
Cette diminution des liquidations directes peut offrir davantage de possibilités de poursuite ou de reprise de l’activité, sans toutefois préjuger de l’issue finale des procédures.
Une forte progression parmi les entreprises de moins de trois ans
Les entreprises créées depuis moins de trois ans enregistrent 2.248 défaillances, soit une hausse de 12,7 % sur un an. Plus des trois quarts de ces procédures débouchent directement sur une liquidation judiciaire.
Selon Altares, 93 % de ces jeunes entreprises défaillantes sont des sociétés commerciales et non des microentreprises. La restauration ainsi que le commerce et la réparation automobiles sont particulièrement représentés. Le second œuvre du bâtiment demeure également présent, même si les défaillances y diminuent.
Les entreprises âgées de 3 à 5 ans restent les plus nombreuses à faire défaut, avec 4.913 procédures, en hausse de 5,1 %. Les structures de 6 à 10 ans totalisent 4.665 défaillances, soit une progression de 3,1 %.
Les entreprises plus anciennes ne sont pas épargnées : 3.464 sociétés de plus de 16 ans ont défailli au cours du trimestre, soit 5,6 % de plus qu’un an auparavant.
La construction se stabilise, mais la promotion immobilière reste en difficulté
Avec 4.148 défaillances au 2e trimestre 2026, la construction enregistre un recul de 0,8 % sur un an. Cette stabilisation masque toutefois des évolutions différentes selon les activités.
Le gros œuvre montre des signes d’amélioration, de même que certaines activités du second œuvre. Les travaux publics demeurent en revanche sous tension, tandis que la promotion immobilière continue de subir la faiblesse de la construction neuve et de l’investissement.
Dans les autres secteurs, Altares relève notamment une progression des défaillances de 13,9 % dans les services aux entreprises et de 15,7 % dans les services aux consommateurs. Les hausses atteignent 17,2 % dans la santé, l’action sociale et l’enseignement, et 21 % dans l’agriculture.
Six régions métropolitaines enregistrent une amélioration
Six régions de France métropolitaine voient leur nombre de défaillances reculer :
la Corse compte 85 procédures, en baisse de 15 %. L’amélioration vient principalement de Haute-Corse, tandis que la Corse-du-Sud se dégrade ;
le Centre-Val de Loire totalise 479 défaillances, en recul de 12,8 %, avec une amélioration marquée dans le Cher, l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher ;
la Bourgogne-Franche-Comté enregistre 468 procédures, soit une baisse de 8,8 %, portée par le Doubs et la Côte-d’Or ;
la Normandie compte 608 défaillances, en recul de 6,3 %, notamment grâce à la Seine-Maritime et à la Manche ;
la Bretagne totalise 566 procédures, soit une diminution de 4,2 %, principalement dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan ;
Provence-Alpes-Côte d’Azur recule de 1,1 %, à 1.523 défaillances, malgré une forte hausse dans le Vaucluse.
Quatre régions restent sous la moyenne nationale
Les défaillances continuent d’augmenter dans quatre régions, mais à un rythme inférieur à la moyenne nationale de 5,4 % :
l’Île-de-France demeure la région la plus touchée, avec 4.305 procédures, en hausse de 4,8 % ;
la Nouvelle-Aquitaine compte 1.704 défaillances, soit une progression de 4,9 % ;
le Grand Est totalise 1.103 procédures, en hausse de 3,1 % ;
les Pays de la Loire sont presque stables, avec 767 défaillances et une augmentation limitée à 1,5 %.
Une hausse de 22,9 % en Auvergne-Rhône-Alpes
Les tensions sont plus marquées dans trois grandes régions. L’Occitanie enregistre 1.533 défaillances, soit une hausse de 6,8 %, principalement portée par l’Hérault. La Haute-Garonne connaît, à l’inverse, une amélioration.
Les Hauts-de-France comptent 1.247 procédures, en progression de 8,5 %. Le Nord, le Pas-de-Calais et l’Aisne expliquent l’essentiel de cette dégradation.
La hausse la plus forte est observée en Auvergne-Rhône-Alpes, où 2.418 entreprises ont fait défaut, soit 22,9 % de plus qu’au 2e trimestre 2025. Le Rhône et l’Isère concentrent une large part de cette augmentation, tandis que l’Ain et le Cantal sont les deux seuls départements de la région à s’améliorer.
Des progressions importantes dans les territoires ultramarins
Les défaillances augmentent également dans plusieurs territoires ultramarins :
136 procédures en Guadeloupe, en hausse de 40,2 % ;
135 en Martinique, soit une progression de 17,4 % ;
58 en Guyane, en hausse de 13,7 % ;
330 à La Réunion, soit une augmentation de 32 % ;
7 à Mayotte.
Altares anticipe jusqu’à 35.000 nouvelles procédures au second semestre
Altares estime que la faiblesse de la demande et le niveau toujours élevé des coûts d’exploitation continueront de peser sur les trésoreries. Les TPE et les PME demeurent les plus exposées en raison de marges de manœuvre financières souvent réduites.
Selon le cabinet, le remboursement des prêts garantis par l’État et les assignations de l’Urssaf expliquent désormais une part limitée des ouvertures de procédures. Les difficultés seraient davantage liées à une conjoncture économique peu dynamique, à la faiblesse de l’investissement et aux arbitrages financiers des entreprises.
« L’économie française résiste mais s’essouffle. »
Thierry Millon, directeur des études d’Altares
Altares juge vraisemblable l’ouverture de 34.000 à 35.000 nouvelles procédures collectives au second semestre 2026. Cette estimation constitue une prévision et dépendra notamment de l’évolution de l’activité, de la consommation, de l’investissement et des coûts supportés par les entreprises.
Méthodologie de l’étude
Les statistiques d’Altares couvrent les entités légales disposant d’un numéro SIREN : entreprises individuelles, professions libérales, sociétés et associations. Une défaillance est comptabilisée lorsqu’un tribunal de commerce ou un tribunal judiciaire prononce l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire.
Les chiffres portent donc sur les jugements d’ouverture et non sur l’issue définitive des procédures. L’étude complète et ses tableaux sont accessibles sur le site d’Altares.